Biographie
Tout a commencé devant une toile
Salut toi, bienvenue sur mon site de peinture. Mon expérience avec la peinture a commencé très jeune, et je dirais même que tout a commencé devant une toile : une peinture au couteau accrochée dans la chambre de mon père. Un paysage de montagne, un lac givré traversé par un petit ponton, un chalet enfoui sous la neige, entouré de sapins dont les branches laissaient glisser leur manteau blanc. Une toile aux couleurs bleu-gris. Je pouvais la regarder pendant des heures. J’aimais l’effleurer du bout des doigts quand la fatigue se faisait sentir après les cours, et j’aimais voir mon père la dépoussiérer de temps à autre, comme une toile qu’il affectionnait particulièrement. Je ne savais pas encore ce qu’était l’art, mais quelque chose vibrait déjà en moi. Je n’ai jamais connu son histoire : elle est partie en même temps que mon père. Mais aujourd’hui, chaque fois que je prends un pinceau, je repense à ces moments-là.
Enfant, je passais des après-midis entiers aux pastels gras, à redessiner les animaux des magazines : chaque pelage, chaque plume, chaque regard. Le dessin était déjà mon refuge, quand la vie était trop bruyante et que je n’avais pas la tête dans les nuages. De temps à autre, je prenais des pinceaux et je peignais directement sur les murs de ma chambre, dans des couleurs que personne n’aurait voulu avoir chez soi. À chaque saison, je changeais de thème et de couleurs, pour créer l’atmosphère qui me correspondait aux différents moments de ma vie. Puis la vie et ses obligations ont pris le dessus, et j’ai rangé mes crayons. La création s’est endormie, sans jamais vraiment disparaître.
Elle s’est réveillée le jour où j’en ai eu besoin. Il y a trois ans, une épreuve m’a mise à terre et a fait remonter tout ce que j’avais enfoui depuis des années. D’autres épreuves sont arrivées, puis un chevalet poussiéreux trouvé par hasard dans un vieux grenier, et un écho qui résonnait sans cesse à l’intérieur de moi : « Crée, Lydie. Dessine. » C’est à ce moment-là que je me suis remise à créer. Je ne voulais plus que ça, comme si quelque chose m’avait rattrapée. Écrire, peindre, dessiner : c’était mon échappatoire face à la vie qui m’entourait, un endroit où poser les mots et les émotions qui n’arrivaient pas à s’exprimer, toute cette colère et cette tristesse qui me submergeaient.
L’aquarelle d’abord, douce et imprévisible. Puis l’huile, plus lente, plus exigeante. Et enfin l’acrylique, qui s’est imposée comme une évidence : sa matière, sa rapidité, sa liberté. J’ai longtemps cherché, du réalisme à l’abstrait, avant d’oser les couleurs qui flashent, le trait assumé, le mélange des genres. J’ai arrêté de vouloir entrer dans un style : j’ai créé le mien. Celui qui me correspond, tout compte fait.
Aujourd’hui, j’ai toujours plusieurs toiles en cours. J’ai un tempérament qui aime faire plein de choses en même temps : les idées se bousculent, et je m’ennuie vite à répéter la même tâche. Alors je passe d’une toile à l’autre, au gré de mes envies, et chacune avance à son rythme.
Et si une couleur te parle, si l’une de mes toiles te procure une émotion, si tu parviens à entrevoir l’histoire qui se cache derrière, ou si tu restes simplement une seconde de plus devant une toile de ma série Écorché sans trop savoir pourquoi… alors, pour moi, j’ai réussi.
— Lydie
